Construction des remparts d’Aigues-Mortes

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Le roi Saint Louis est décidé, bien avant l’achèvement des travaux que lui-même avait ordonné, à entourer Aigues Mortes de remparts. C’est son fils Philipe le Hardi qui s’est promis de concrétiser ce projet. Pour pouvoir financer les travaux, il a signé un traité avec un entrepreneur génois appelé Boccanegra : celui-ci devait réaliser une contribution de 5 000 Livre contre la suppression par le roi des droits domaniaux.

Des problèmes de financement

Les travaux qui avaient commencé immédiatement après la signature du traité s’étaient arrêtés à cause du décès de Boccanegra. Les héritiers de cet entrepreneur génois ont exigé à Philippe le Hardi la rupture de ce traité. Le roi s’est finalement plié à cette exigence légitime. Vers 1289, les remparts étaient encore inachevés, mais le roi Philippe le Hardi, soucieux de l’importance des remparts pour la ville et pour la France, fit tout son possible pour continuer les travaux. L’œuvre à été finalement réalisée vers la fin du siècle.

Le style du XIIIème siècle

Les remparts d’Aigues Mortes se trouvent parmi les monuments historiques les mieux conservés de France. Ils n’ont jamais été restaurés, il s’agit en effet d’une construction militaire très solide constituée de pierres en bosses (comme la plupart des bâtiments militaires du 13ème siècle). Des signes ont été découverts sur les remparts : les historiens pensent qu’ils ont été gravés dans la pierre par les ouvriers pour que leur travail puisse être distingué de celui des autres ouvriers.

Les matériaux de construction

Les remparts ont été construits avec des matériaux provenant des carrières se trouvant sur les rives du Rhône. Pour les transporter, les travailleurs utilisaient des radeaux en les faisant suivre le bras du fleuve qui, avant de se jeter dans la méditerranée, passe par Aigues Mortes.

Les dimensions des remparts d’Aigues-Mortes

Les dimensions des remparts d’Aigues Mortes sont les suivants :

  • côté nord : 497 mètres,
  • côté sud : 567 mètres,
  • côté est : 301 mètres,
  • côté ouest : 260 mètres,
  • 11 mètres de hauteur,
  • et 0,75 mètres d’épaisseur au sommet et 3 mètres à la base,

Plusieurs tours d’environ 18 mètres de hauteur – dont la Tour de Constance ne fait partie – ont été construites afin de renfoncer la défense des remparts.  On y distingue trois types :

  • des tours carrées,
  • des tours jumelles,
  • des tours d’angle.

Dix tours forment les portes de la cité, et elles sont ouvertes sur les principales artères de la ville.

Les principales tours des remparts

Faisons une visite des principales tours de l’enceinte !

La première tour que vous allez rencontrer si vous visitez la cité est la tour de Montpellier. C’est une tour carrée traversée par un chemin de ronde qui vous mène directement à la tour des Bourguignons salés, qui est la tour d’angle sud-ouest. Un peu plus loin, vers la partie sud, vous avez la tour carrée dite de l’Organeau. Vous arrivez ensuite à la porte des Moulins : il s’agit de deux tours jumelles, leur porte est ainsi appelée car son sommet abritait au XIV deux moulins à vents.

La porte des Moulins vous mène à la porte des Galions, qui s’appelle également porte de Pourtalet. Ensuite, vous pourrez accéder la porte de la Marine : vous serez alors devant la même porte que Charles Quint a traversé pour entrer dans la ville d’Aigues Mortes quand il visita le roi François 1er. Après, c’est la porte de l’Arsenal qui est une tour carrée suivie par la tour des Pattus dans l’angle sud-est. Cette porte fut aussi utilisée comme entrepôt des munitions, c’est la raison pour laquelle on l’appela porte des poudres. Sur le côté Est, vous avez la tour de la Reine suivie par la tour des Cordeliers : elle est carrée et elle porte le même nom qu’un couvent construit par le Roi Louis IX.

Des refuges

Vous allez remarquer que les murs des tours de la Reine, de la Poudre et des Cordeliers sont criblés de projectiles : toutes les tours de cette partie des remparts ont en effet été utilisées comme des lieux de refuge pendant la guerre des religions entre les catholiques et les protestants. La tour des Sels a été utilisée pendant les XVIIème et  XVIIIème siècles comme prison.

La porte de la Gardette

Impossible de terminer votre visite à la cité sans passer par la porte de la Gardette : la porte militaire d’Aigues Mortes. Selon les historiens, c’est la seule porte qui avait un pont-levis. C’est également la seule porte par laquelle les habitants pouvaient entrer ou sortir de la ville pendant le XVIème siècle.

L’anecdote de Location Aigues-Mortes : A la fin de la guerre de cent ans Aigues-Mortes est aux mains des Bourguignons. Les troupes royales, en Janvier 1421 surprennent la garde et l’égorge. Pour éviter les épidémies dues à la décomposition des corps, les cadavres des Bourguignons sont entassés dans la salle du rez-de-chaussée de la tour de l’angle sud-ouest et recouverts de monceaux de sel. La tour prit alors le nom de Tour des Bourguignons salés.